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Droits des enfants et violences en Norvège : comment les enfants sont-ils informés ?

La Norvège a souvent été à l'avant garde dans l'évolution des droits humains, notamment pour ce qui concerne l'égalité femmes -hommes et les droits des enfants .

Dès 1981, la fonction de Défenseur des Enfants ou « Médiateur pour enfants » a été créée.

Son rôle est de représenter les enfants pour influencer des décisions qui les concernent.


C'est en 1987 que la Norvège a interdit dans la loi * les châtiments corporels avec un article se rapportant aux familles (article 30 de « Parent and child Act » ) et déclarant : « L'enfant ne doit pas être soumis à la violence ni être traité d'une manière qui nuise ou mette en danger sa santé mentale ou physique ».

En 2010, un ajout à cet article a été apporté pour préciser que cela se rapporte à toute violence éducative physique ou psychologique : «Cela vaut également pour la violence liée à l'éducation de l'enfant. Il est interdit de recourir à la violence ou à tout comportement effrayant ou irrespectueux à l'égard de l'enfant. »


Le rôle du médiateur pour les enfants a été par la suite étendu au sein de "Barneombudet" créé en 1992. Il a son équivalent en Suède par « l'ombudsamn » qui est un organisme de défense des droits, comme le Défenseur des droits en France.

Dans une intervieuw au journal « Notre temps » en 2013*, Anne Linboe, médiatrice des enfants de 2012 à 2018 et aussi pédiatre ayant exercé comme médecin scolaire, présentait son rôle au sein du Barneombudet ainsi :

- travailler avec les associations et rencontrer avec les membres du gouvernement.

- diffuser des recommandations officielles pour la protection de l'enfance et le respect des droits de l'enfant (sans intervenir directement dans des situations et en se limitant à un rôle de conseil et d'orientation vers les services sociaux compétents)

- faire des déclarations dans les médias

- développer l'information auprès des enfants sur leurs droits dans les écoles.

Sur le site du Barneombudet * , l'actuelle médiatrice Inga Bejer Engh se présente ainsi :

« Le médiateur pour les enfants est à la fois un bureau et une personne.

Inga Bejer Engh, l'actuelle médiatrice est une représentante des enfants. Elle est avocate et a travaillé auparavant comme juge et procureur. Environ 20 personnes fournissent des conseils à la médiatrice sur les droits des enfants notamment sur leur participation, l'école, la protection de l'enfance, le divorce, l'intimidation et d'autres questions importantes pour les enfants. Les enfants et les jeunes sont également des conseillers importants du Médiateur. »

Le "Barneombudet" est décrit comme suit :

" Le Médiateur pour les enfants est le porte-parole des enfants et des jeunes.

Nous travaillons pour les droits des enfants. Nous avons la responsabilité de veiller à ce que les opinions des enfants et des jeunes soient entendues et à ce que leurs droits soient respectés. Notre tâche la plus importante est de veiller à ce que ceux qui décident en Norvège respectent la Convention relative aux droits de l'enfant.

Le médiateur des enfants est indépendant. Cela signifie que nous décidons par nous-mêmes sur quoi travailler et quelles opinions nous devons avoir. La loi sur l'ombudsman des enfants indique comment nous devons travailler. "


Valérie Guénec, auteure et thérapeute vivant en Norvège depuis quelques années, témoigne de l'importance des droits des enfants largement enseignés dans toutes les écoles et comprenant l'interdiction de toute violence physique ou psychologique.

Par exemple, elle parle d' un journal pour enfants Aftenposten, diffusé dans toutes les écoles, qui présente souvent des articles sur les droits des enfants avec notamment l'intervention de la médiatrice des droits.

Voici ci dessous un article de Aftenposten Junior datant de 2016 où la médiatrice Anne Linboe répond à une question sur une situation de violence (transmis et traduit par Valérie Guénec que je remercie ).


"Anne est médiatrice à la Protection de l'Enfance en Norvège. Elle travaille pour les droits des enfants et des jeunes. Elle écrit de temps en temps dans Aftenposten Junior :

"Bonjour, Je m'appelle Anne. J'ai trois enfants et un chien. Je travaillais en tant que médecin scolaire auparavant. Maintenant, je travaille pour les droits des enfants et pour que leurs avis soient entendus par ceux qui décident. Tu peux m'envoyer des questions si tu es victime de harcèlement, ou si tu as des problèmes à l'école ou à la maison : www.barneombudet.no/spor-barneombudet

Bonjour ! Une amie a été frappée par ses parents, et elle n'ose pas le dire à un adulte. Elle n'a pas le droit de dormir ailleurs et de faire des activités avec d'autres. Que pouvons nous faire ? Jente (10 ans)

Il est interdit de frapper ou de menacer un enfant en Norvège. C'est écrit dans la loi. Il est important que vous en parliez à un adulte. Ton amie peut recevoir de l'aide à ce sujet.

Un secret lourd à porter.

Beaucoup d'enfants trouvent qu'il est difficile de dire que leurs parents les ont frappés. Les parents sont en effet sensés prendre soin de leurs enfants et leur permettre d'avoir une vie heureuse et d'être en sécurité. Malheureusement, ça ne se passe pas ainsi pour tous les enfants, et c'est le cas de ton amie. C'est important qu'elle reçoive de l'aide. C'est aussi important que tu ne restes pas avec ce secret trop lourd à porter.

Qui peut aider ? Parlez-en à un adulte autour de toi. Peut-être un de vos enseignants, ou à l'infirmière scolaire. Ils peuvent vous aider à trouver la meilleure solution. Ton amie peut aussi appeler le numéro d'urgence pour les enfants et adolescents (numéro de téléphone : 116 111). Là, des adultes ont l'habitude d'écouter et de parler avec des enfants qui ont des difficultés chez eux.

Que se passe t-il une fois qu'on en a parlé ?

Quand un adulte est informé du fait qu'un enfant est tapé ou menacé par ses parents, il doit mettre au courant le service de la protection de l'enfance. Toutes les personnes qui savent que ça ne va pas pour un enfant chez lui doivent en informer la protection de l'enfance, qui doit alors enquêter pour savoir ce qui se passe vraiment. Généralement, les familles en difficulté reçoivent de l'aide de la protection de l'enfance à la maison. Les parents peuvent par exemple être aidés pour arrêter de taper. Plus rarement, la situation est si difficile que l'enfant peut avoir à déménager pour un temps court, ou plus long. Il déménage alors dans une famille d'accueil, qui peut faire partie de sa propre famille, ou qui peut-être une autre famille. L'important est que cette famille d'accueil permette à l'enfant d'être heureux et en sécurité. Cela peut vous sembler un peu effrayant, mais c'est très important que ton amie se fasse aider. Personne ne doit avoir à grandir auprès de parents qui tapent. C'est donc très important que tu en parles. Ton amie a vraiment de la chance d'avoir un ami comme toi qui a envie de l'aider. "


Voici aussi le dernier spot de sensibilisation aux violences faites aux enfants en Norvège, que l'on trouve sur le site du Barneombudet (et pour lequel on peut paramétrer une traduction automatique) :

https://www.youtube.com/watch?v=Rk6l-CmYU7w&feature=emb_logo&fbclid=IwAR1rZQTcn3SE2G17TLYphOM-AyZj3B6V9QAUTRU1gwLV0vUlaE4MNJd5kic


*1http://www.endcorporalpunishment.org/wp-content/uploads/country-reports/Norway.pdf


*2 https://www.letemps.ch/norvege-enfants-bien-defendus


*3 https://barneombudet.no/om-barneombudet/?fbclid=IwAR1fjFInqdpTs5DSpyauV_XM2wYLjUBdwALCe27E9gujeRbjR1GBrjDPNGA


*image de Aftenposten

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